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écartelé : aux 1 et 4 , d'or à la croix de sable chargée de cinq coquilles d'argent
aux 2 et 3, d'or à trois maillets de sinople
Le blason était déjà en usage en 1924. Au fronton de la mairie, construite en 1924 après sa destruction lors des combats de 1918, est sculpté un blason monumental en pierre calcaire du pays, très abîmé par le temps.
Ce blason est timbré d'une couronne murale à trois tours. Autres ornements extérieurs: une branche de chêne et une branche de laurier, la devise "Hongne qui vonra" (ou Hongne qui voro: grogne qui voudra), qui est directement inspirée de celle de la famille De Mailly, ainsi que la Croix de guerre 1914-1918.
Sur ce blason communal sont associés les blasons des familles De Mailly et De Raineval, qu'on distingue difficilement tant la pierre est rongée. Cependant, il semble que ces armes soient associées en parti, et non en écartelé telles qu'elles sont montrées aujourd'hui.
De Raineval De Mailly
Le blason communal porte, en écartelé, les armes des De Rayneval et celles des De Mailly.
Les sires de Rayneval, d'extraction chevaleresque, se sont éteints au 15e siècle. Ils s'appelaient originellement Des Préaux, mais portaient déjà une croix et cinq coquilles, ainsi qu'en atteste le sceau de Raoul des préaux, seigneur de Raineval,conservé aux Archives de la Somme, appendu à un document de 1276.
Sceau de Jehan de Rayneval
En 1744, la seigneurie de Raineval, alors passée aux De Mailly, fut érigée en comté par lettre du roi, pour Augustin-Joseph de Mailly (né en 1708 à Villaines-sous-Lucé, Sarthe, guillotiné en 1794 à Arras), marquis d'Haucourt et baron de Saint-Amand, maréchal de France en 1783 et du fait de son âge gouverneur d'Abbeville et grand bailli du Ponthieu.
Après son érection en comté, le village de Raineval prit le nom de Mailly-Raineval. Augustin-Joseph de Mailly était issu des illustres De Mailly, originaires de Mailly-Maillet(80). Adrien de Mailly, fils du maréchal, né au château de Mailly-Raineval en 1792, fut fait pair de France en 1815.
Les blasons des De Rayneval et des De Mailly, écartelés sur le blason communal de Mailly-Raineval, ont été repris sans changement d'émaux ni brisure.
(Jacques Dulphy)
Le château fut vraisemblablement bâti au début du 14ème siècle par Jean de Raineval dont plusieurs gratifications royales avaient récompensé la bravoure.
Il fut saccagé en 1358 par les Jacques, puis relevé par ses successeurs qui en 1386 y reçurent Charles VI.
Deux sires de Raineval furent tués à Azincourt en 1415, au début des années 1430, le château servit de point d'appui aux partisans du Dauphin, futur Charles VII, dans leur lutte contre les Anglo-Bourguignons.
Restauré sous François 1er par Charles d'Ailly, l'ouvrage comptait encore, au moment de la Ligue, parmi les places importantes de l'Amiénois.
Héritier de la famille d'Ailly, le troisième duc de Chaulnes s'en défit en 1684 au profit du marquis de Ruvigny, qui dut s'exiler par fidélités à ses convictions protestantes, et dont les héritiers le cédèrent en 1701 à Joseph de Court de Bouville, trésorier de France à Amiens.
En 1709, Marie-Michelle de Court l'apporta en mariage à Charles-Timoléon de Séricourt, marquis d'Esclainvilliers et seigneur de Folleville.
Joseph-Augustin, comte de Mailly-Haucourt, épouse en second mariage, Marie-Michelle de Séricourt en 1737, il obtint en 1744 l'érection des seigneuries de Raineval, Louvrechy, Folleville, Esclainvilliers...en comté de Mailly.

Habitant ordinairement Folleville, il décide de quitter ce château et en 1777, confie à l'architecte Isnard le soin de restaurer et agrandir la demeure de Raineval, pour cela il fait démolir les deux tiers de Folleville, au grand dam de son épouse qui meurt l'année suivante.
Maréchal de France en 1783 et commandant de la Garde Royale en 1792, désigné par la vindicte révolutionnaire, il meurt sur l'échafaud en 1794 à Arras, malgré ses 87 ans.
Son fils aîné Louis-Marie, duc de Mailly (1744-1792), né au château, meurt sans postérité deux ans avant lui.
C'est à Jacques-Timoléon de Conty, le vieux marquis d'Hargicourt, que reviennent ses vastes domaines aussitôt démembrés.
Acquis en 1794 par Henri Lefebvre et revendu en 1821 à Auguste Gravet.
Le château est encore debout en 1876, une nouvelle vente entraîne alors la disparition de tout ce qui subsiste de son décor, puis sa démolition.
La grille néoclassique encadrée de hallebardes fut rachetée en 1879 et remontée devant le château de Maison-Laffitte, elle était attribuée à Candellier, un élève de J-B Veyren dit le Vivarais.
Seules sont épargnées la chapelle du 14ème siècle, qui ne survit que quelques années et l'aile S-O qui disparait au cours des combats de 1918.
Il ne subsiste plus que des ruines, près de l'église.












